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La Solidarité Nord-Sud : au-delà de la charité

Une chose que ces termes arrivent difficilement à démontrer est que la prospérité des plus riches repose sur la misère des pauvres.

On oppose une catégorie − le Nord, les pays développés − à l’autre − le Sud, les pays sous-développés − plutôt que de démontrer que sans l’un, l’autre ne serait pas dans un tel état.

Économie sociale et solidaire

L'économie sociale et solidaire est le terme générique pour désigner les groupements de personnes (et non de capitaux) jouant un rôle économique : les coopératives de toutes natures (salariés, usagers, d'entreprises), les mutuelles (d'assurance ou de prévoyance santé), la plupart des associations gestionnaires. L'économie sociale et solidaire est définie selon un certain nombre de critères qui font aujourd’hui consensus: libre adhésion, lucrativité limitée, gestion démocratique et participative, utilité collective ou utilité sociale du projet, et mixité des financements entre ressources privées et publiques.

Il n’est pas possible de désigner un ensemble aussi hétéroclite de plus de 140 pays classés comme « sous-développés » ou « en développement » sous un seul vocable. Ce serait ne pas reconnaître la diversité de ressources, de cultures, de régimes politiques et de rendements économiques qui s’y retrouve tout comme les « pays du Nord » comptent aussi de nombreuses différences les uns par rapport aux autres.

C’est en faisant du bénévolat, en donnant de notre temps en vivant des expériences de solidarité qu’on arrive finalement à sortir de nos propres sentiers battus. On peut ainsi prendre conscience des différences et des ressemblances qui nous lient à d’autres, peu importe l’endroit où ils habitent : autant au sein de nos propres communautés qu’à des milliers de kilomètres.

En prenant conscience de nos propres privilèges et des désavantages de notre société, on réalise également la résilience dont font preuve tant de gens. C’est dans cet esprit que le travail de Cyclo Nord-Sud tisse des liens avec les organismes partenaires du Sud comme du Nord afin qu’un partage s’effectue. Au Québec, des collectes de vélos usagés et des campagnes de sensibilisation sont organisées par Cyclo Nord-Sud, ses membres et ses collaborateurs. Dans les pays partenaires du Sud, ce sont des organismes communautaires et d’économie sociale et solidaire qui prennent en charge la réception, la réparation, la distribution ou l’entretien des vélos. Devenant une source d’inspiration pour la valorisation du vélo dans notre propre société, ces gens nous transforment à leur tour…

So ! So ! So ! Solidarité !

Scandé lors de manifestations de toutes sortes, le « So! So! So! Solidarité! » nous ramène au mot « solidarité » qui vient du terme latin solidum et signifie « pour le tout », pour l’ensemble, pour toutes et pour tous.

Interdépendance, coopération, entraide, mutualité et réciprocité sont autant de valeurs aidant à promouvoir des façons différentes d’unir nos forces pour un monde plus solidaire. Une importante partie du travail des mouvements de solidarité vise à lutter contre les inégalités de toutes sortes ou à s’entraider lors de situations difficiles.

Au Québec, l’histoire de la solidarité internationale est multiple.1 Jusqu’au début du XXe siècle, les mouvements de solidarité étaient menés par les communautés religieuses et à travers l’Église afin d’aider les plus démunis. Aujourd’hui, bien que les communautés religieuses continuent de jouer un rôle dans les mouvements solidaires, les syndicats, les organisations non gouvernementales (ONG) et les groupes communautaires ont également permis à la vie associative québécoise de bourgeonner. C’est dans cet esprit que Cyclo Nord-Sud a vu le jour à la fin des années 1990, après que ses membres fondateurs aient milité pendant plus de vingt ans au sein du Monde à Bicyclette, un groupe joliment irrévérencieux.

  • 1. Qui aide qui ? Une brève histoire de la solidarité internationale au Québec, Pierre Beaudet, Boréal, 2009.