Vous êtes ici

Les conséquences de la réutilisation ou l'absence de celle-ci

À la suite de la Deuxième Guerre mondiale, c'est l'avènement de la société de consommation. Les populations des pays du Nord se mettent à consommer à un rythme effréné et le volume de déchets produits par cette surconsommation est énorme.

Loin des yeux, loin du cœur ?

Connaissez-vous Pôpa, le personnage de populaire télésérie La P’tite Vie qui avait une fascination pour ses « vidanges » ? Une fois mis à la rue, les sacs de déchets de millions de foyers québécois sont par la suite transportés vers des sites d’enfouissement ou d’incinération à l’abri de nos regards et de nos narines. Là s’accumulent des emballages et des restes de table, mais également des déchets toxiques ou qui se décomposeront mal comme des objets en plastique, de la peinture, des vêtements ou des vélos qui auraient pu être réutilisés.

De « nouveaux continents » de déchets

En 2010, les océanographes de la Sea Education Association annonçaient l’existence d’amas de déchets (bouteilles, fragments de plastique, etc.) sur l’océan Atlantique équivalent à un nouveau continent. Une telle accumulation avait aussi été découverte sur l’océan Pacifique en 1997.

L’accumulation de déchets sur l’océan Atlantique occuperait une surface équivalente à la taille du Texas, soit près de 700 000 km2.

Une fois mises à la poubelle, ces « choses » ne vont pas tout simplement s’autodétruire. Les iPod, les ordinateurs et le matériel électronique en tout genre se retrouvent enfouis allant jusqu’à polluer les nappes phréatiques et détruire les écosystèmes, ou bien ils dégageront de fortes vapeurs toxiques en étant incinérés. En fait, on en est même rendu à parler de « nouveaux continents » qui apparaissent tellement la quantité de déchets flottants sur les océans ne cesse d’augmenter.1

Pire encore, les conséquences les plus néfastes de notre surconsommation produisant des déchets à n’en plus finir sont souvent absorbées par les pays du Sud ou par des populations vulnérables et défavorisées. Les mêmes personnes qui, pour la plupart ne peuvent même pas se payer le luxe d’une telle surconsommation sont aux prises avec ses pires conséquences. De la production de ces objets jusqu’à leur élimination, ce sont la plupart du temps, les environnements et les populations marginalisées des pays du Sud qui ont à vivre avec les conséquences négatives au quotidien, qu’on pense…

  • aux populations habitant les régions autour des mines d’où sont extraits les minéraux entrant dans la fabrication d’objets électroniques et où les compagnies font fi de protections environnementales et des citoyen(ne)s;
  • à tous les employé(e)s payés avec des salaires de misère et oeuvrant dans des conditions de travail déplorables afin de vendre leurs produits à prix concurrentiel : par exemple, un petit producteur de café qui obtient habituellement entre 0,33 $ et 1,50 $ pour un kilogramme de café, alors que le café qui se retrouve dans les tasses des consommateur(rice)s vaut de 8 $ à 30 $ le kilogramme.2
  • à l’exportation de déchets vers des zones éloignées où on ne peut faire respecter des règles pour protéger l’environnement.

Valoriser la réutilisation

Simplicité volontaire

L’Office de la langue française du Québec définit la simplicité volontaire comme un « mode de vie consistant à réduire sa consommation de biens en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs essentielles ».

Le Réseau québécois pour la simplicité volontaire pourra vous en apprendre plus.

En Amérique du Nord, des voix remettant en question nos habitudes de consommation et ses conséquences commencent à se faire entendre. Qu’on pense à la vidéo L’histoire des choses, au mouvement pour la Journée sans achat, à l’événement En ville sans ma voiture! ou à l’engouement pour la simplicité volontaire.

Pourtant, la réutilisation est un principe qui ne date pas d’hier… Que ce soit par choix, par obligation ou pour le simple plaisir de partager et de faire durer, la réutilisation a pris de multiples formes au fil du temps.

  • Les couvertures de courtepointes qui permettent de réutiliser divers morceaux de tissus provenant de vêtements usés.
  • Des blocs-notes faits à partir de papier imprimé d’un seul côté.
  • Louer ou emprunter plutôt que tout acheter. Par exemple, Communauto permet d’avoir accès à une voiture lorsque nécessaire en facilitant l’autopartage.
  • Les bazars, les marchés aux puces et les friperies où on peut se rendre pour trouver des objets d’occasion.
  • L’écodesign et l’art de la récupération. Pour des exemples, voir monderuelle.com et ethik-bgc.ca.
  • La compagnie Ressac utilise des chambres à air de vélos recyclées pour confectionner des sacs à main et des accessoires durables.
  • Le groupe ENvironnement JEUnesse organise depuis quelques années le concours Je m’emBALle autrement qui invite les étudiant(e)s à concevoir eux-mêmes leur tenue de bal de fin d’études.
  • Les collectes de vélos usagés de Cyclo Nord-Sud et son programme Don d’organes de vélos en collaboration avec des magasins de vélos qui fournissent des pièces, des accessoires et des outils permettant de prolonger la vie des vélos au Sud.

La réutilisation en action

D’une simplicité désarmante, la réutilisation valorise l’idée de donner une seconde vie, d’échanger, de prêter, de réparer, de faire durer… Bref, tous des gestes qui coûtent très peu et qui font appel à notre imagination. Même si la réutilisation a déjà une longue histoire, on peut aussi vouloir la mettre au goût du jour comme le font ces quelques maîtres réutilisateurs avec qui nous avons pu nous entretenir :

  • Jaime Rosenblüth de Bicycletterie J.R.
  • Jean-David Lacasse et Éric Bélanger, deux bénévoles chez Cyclo Nord-Sud

Pour les entendre, visionner cette vidéo.

  • 1. Le Monde
  • 2. Laure Waridel, Acheter, c’est voter : le cas du café, Écosociété, 2005, p. 62.