Vous êtes ici

Le Vélo au coeur d'un développement alternatif

Quoi de mieux que de joindre la parole à l’action ? Pourquoi ne pas prôner de profonds changements pour un usage accru du vélo et ainsi suivre la voie de la vélorution ?

Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience.

— Jean Jaurès

Une manière de s’ouvrir au monde tout en mettant de l’avant ses préoccupations environnementales et solidaires est de se renseigner un peu plus sur la vélorution qui souffle aux quatre coins du monde et les diverses manières d’y contribuer.

Vélorution

Jeu de mots avec « vélo » et « révolution », associé à un mouvement prônant une meilleure reconnaissance et utilisation des vélos, et plus généralement une bataille contre le monopole des véhicules individuels motorisés.

Le vélo au cœur d’un développement alternatif

La vélorution« Penser globalement, agir localement »

Il n’y a pas de consensus à savoir qui est la première personne à avoir prononcé le célèbre : « Penser globalement, agir localement ». Certains l’attribuent à un urbaniste écossais, d’autres à Jacques Ellul, un théologien et sociologue français, ou encore à des militants environnementalistes étatsuniens, etc. La diversité des gens à qui on attribue l’origine de la citation démontre bien que cette idée reflète des préoccupations ayant cours à différents endroits et à différentes époques.

Les problèmes mondiaux, même si on n’en voit pas toujours les répercussions directes dans notre cour, suscitent bien des inquiétudes. Les problèmes environnementaux, le réchauffement climatique et les guerres du pétrole nous amènent à remettre en question nos modes de vie actuels et notre dépendance à la consommation effrénée, aux déplacements en voiture et aux énergies non renouvelables. 

S’inspirer du genre d’actions développées par des groupes comme Cyclo Nord-Sud, le Monde à Bicyclette, Vélo Québec et plusieurs groupes locaux comme VéloCentrix à Québec ou Sherbrooke-Vélorution, pour les poursuivre, s’inscrit donc dans cette volonté de mettre le vélo au cœur de notre vie et d’en faire un outil de transformation sociale. Des groupes cyclistes se mobilisent au quatre coins du monde, comme GDL en Bici à Guadalajara au Mexique ou Pro Velo en Belgique.

Quand on pense aux nombreux avantages que présente la bicyclette dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, on réalise qu’on a beaucoup à gagner en remettant en question le modèle de développement actuellement mis de l’avant avec ses conséquences sur notre mode de vie.

On dit que la nécessité peut mener à la créativité. Que pouvons-nous apprendre des multiples utilisations qu’on fait de la bicyclette ? Loisir, transport, force de traction, etc. Un coup d’œil sur ce qui se passe dans plusieurs pays du Sud nous fait réaliser qu’on y retrouve une utilisation beaucoup plus optimale des vélos : poids transporté plus important, plus grand nombre d’utilisateur(rice)s par bicyclette, etc.

Écolières et écoliers à vélo.Écolières et écoliers à vélo, Haïti

Les exemples ne manquent pas pour s’inspirer d’autres façons de faire, que ce soit à Cuba où on a dû trouver des alternatives de transport à cause d’un approvisionnement en pétrole qui diminuait, en Afrique du Sud où des travailleur(euse)s qui ne peuvent payer le transport par autobus à tous les jours pour se rendre au travail ont recours au vélo ou au Guatemala où se trouve l’organisme Maya Pedal. On peut regarder, en particulier, le modèle de Caracol en Haïti où l’on met en place une véritable vélo-cité.

Caracol, la vélo-cité du Cap-Haïtien

Caracol est une petite ville de 15 000 habitants située dans le Nord-Est d’Haïti, à environ 300 kilomètres de la capitale Port-au-Prince. Cette ville côtière et touristique affiche une pauvreté extrême comme c’est le cas pour la majorité des communautés éloignées, rurales et marginalisées en Haïti.

Après l’envoi de plus de 2 000 vélos en quatre ans dans la région Nord d’Haïti, Cyclo Nord-Sud et son partenaire CENTRECH ont mis en place tous les éléments favorisant le développement de micro-entreprises d’économie sociale et solidaire ayant comme moteur économique la bicyclette (voir la vidéo Travailler avec Haïti : un exemple de solidarité).

Ainsi, il est dorénavant possible de voir sur les routes de la ville de Caracol des jeunes transportant de l’eau aux personnes âgées grâce à leurs triporteurs, et qui se rendent à l’école en trois fois moins de temps qu’auparavant… Des infirmières du centre de santé où travaille Marie-Flore Bélizaire qui disposent maintenant d’un certain nombre de bicyclettes pour le personnel infirmier, ce qui leur permet de visiter plus de personnes nécessitant des soins de santé.1

En visionnant la vidéo d’une vingtaine de minutes de Saga Cité qui présente divers enjeux auxquels font face les collectivités des villes avec des changements climatiques, on réalise que la vélo-cité de Caracol est peut-être une source d’inspiration qui pourrait faire du chemin jusque chez nous.